Mon village, Lafitte-Vigordane


LAFITTE-VIGORDANE est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne en région Occitanie (anciennement Midi-Pyrénées), arrondissement de Muret, canton d'Auterive.


Ses habitants sont les Lafittoises et Lafittois.


Sa population était de 1 227 habitants au 1er janvier 2018.

Le prochain recensement aurait dû avoir lieu en janvier-février 2021, mais au vu du contexte pandémique actuel, l’INSEE a décidé de le reporter à 2022.
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Sa géographie

Coordonnées     43° 18′ 02″ Nord 1° 09′ 50″ Est 
Altitude              Min. 214 m – Max. 236 m
Superficie           11,38 km2


Commune de l'aire urbaine de Toulouse, Lafitte-Vigordane est située sur la route nationale 117 ou l’autoroute A64, sortie 26, à 50 km au sud de Toulouse.





Son hydrographie

La Dourdouille traverse la commune, venant de Lavelanet-de-Comminges pour se jeter dans la Garonne en rive gauche à Marquefave.

La Louge sert de frontière naturelle avec les communes de Marignac-Lasclares, de Gratens et une petite partie de Peyssies.

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Ses monuments

Le Château, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1994, est un château sans tours... mais où les Rémusat ont habité ainsi que la petite-fille de Lafayette.

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Notre-Dame de l'Assomption,

église datant du 19ème siècle.

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Ses personnalités

  • La famille Rémusat

Une allée de Lafitte-Vigordane porte le nom « Charles de Rémusat ».
La famille Rémusat est l'une des plus anciennes familles nobles de Provence. Ses origines remontent au XIIe siècle.
Le père de Charles de Rémusat, Auguste Laurent, comte de Rémusat, appartenant à une bonne famille de Toulouse, était chambellan de Napoléon Ier, mais se rallia, à la Restauration, aux Bourbons et devint préfet de la Haute-Garonne.

En 1819, Charles fut reçu avocat, mais préféra toute sa vie l'écriture au barreau.
Après la révolution de juillet 1830, il entra définitivement dans la vie politique active. Il fut élu député de la Haute-Garonne par le collège électoral de Muret, dont il ne cessa d'être le représentant jusqu'en 1848.
Le 8 janvier 1846, il entra à l'Académie française.
En 1871, il fut nommé ministre des Affaires Etrangères. Puis à la suite d'une élection partielle, il fut élu en Haute-Garonne à une large majorité. Il siégea jusqu'à sa mort le 6 juin 1875.

 

  • La petite-fille de Lafayette, Pauline de Lasteyrie, fut l’épouse de Charles de Rémusat.

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  • Marie Lannelongue
Née Marie Cibiel, elle est issue d'une famille bourgeoise solidement implantée dans le commerce et l'industrie des tissus. En 1857, elle épouse en premières noces le vicomte Pierre de Rémusat, fils de Charles de Rémusat.
Veuve à 25 ans, elle se consacre aux autres et crée deux écoles gratuites pour filles en Haute-Garonne, à Lafitte-Vigordane et à Fabas. L'école de Lafitte-Vigordane héberge désormais la médiathèque municipale.
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Quant aux origines du nom du village...

Le nom de Lafitte-Vigordane n’est pas la réunion de deux villages, Lafitte et Vigordane, comme on pourrait le penser.
Lafitte viendrait du nom latin Fita : la Marque, une pierre qui à l’époque délimitait les frontières des villages, et d’où partirait le territoire de Lafitte qui aurait pris ce nom.
Vigordane viendrait de Bigourdane. En effet, Bernard IV, Comte de Comminges, estimait que le titre de Comte de Bigorre lui revenait de droit par son mariage avec Stéphanie, Comtesse de Bigorre. Lors de la signature de l’acte de naissance officiel de Lafitte, signé par Bernard IV, celui-ci décida d’apposer la signature de Comte de Bigorre, et non de Comminges, et donne alors son nom au village : Lafitte-Vigordane.

Un peu d'histoire...

Cette rubrique, rédigée par M. Gilbert Supéry, Lafittois de souche, et mémoire vivante de notre village, vous raconte les histoires qui font de Lafitte-Vigordane un village au passé très riche !!!

  BREVE HISTOIRE DE LAFITTE-VIGORDANE  

J'ai souhaité que cette contribution soit la dernière dont j'aurai été l'auteur.
A d'autres de continuer s'ils pensent, comme Tocqueville : « Si on ignore son passé, on est en plein brouillard », car l'avenir est inconnu ! Le passé de Lafitte mérite bien d'être approfondi par ceux qui y vivent.

Lafitte d'avant notre ère.

Il y eut une population qui, à mon avis, s'implanta après la glaciation de Wurm, laquelle disparut vers –25000/20000. Cette population vécut entre Louge et Garonne, Louge pour la pêche, et Garonne pour fournir les galets dont on tirait l'outillage, et le pays entre Louge et Garonne pour la chasse des animaux qui transhumaient depuis et vers la montagne.
Des milliers d'années plus tard, très certainement les Ibères traversèrent notre pays afin d'atteindre Toulouse, qu'ils fondèrent et à qui ils donnèrent un nom ibérique. Un chemin Sud-Nord a été tracé et suggère un passage plus qu'une colonisation. Cette hypothèse me paraît très forte, même si je suis le seul à la partager.
Plus tard, l'intervention des Celtes vint perturber cette vie ancestrale. Leur objectif n'était pas le passage mais la colonisation du pays. La population, réduite en esclavage fut transférée depuis le Loup, vers le pied de la côte. Le village originel de Lafitte fut créé à cette occasion.
Lafitte est le plus ancien village de la région.

La conquête romaine et la période Gallo-Romaine.
Dès l'an -22, notre pays fut rattaché à la narbonnaise, ce qui montre qu'il était déjà romanisé.
La villa Urbana (demeure du maître) de Quérilhac devait avoir été construite à cette date, et donc établie la déviation de Bénéfice qui a donné naissance au chemin de la Dourdouille conduisant à Saint-Elix. Cette déviation a été tracée afin de rapprocher la nouvelle villa de la ligne de sources.
Depuis l'an -22, jusqu’à sa destruction en 406, la villa de Quérilhac fut le siège de l'autorité administrative, et un acteur majeur de la vie locale. La villa était située sur l'emplacement du cimetière actuel.

Le Haut Moyen Age.
Pour cette période, comme pour les autres, l'ignorance qui est la nôtre laisse croire qu'aucun événement n'illustra la vie du pays.
On peut penser cependant, qu'autour de l'an 500 avec les Wisigoths qui ont établi un royaume à Toulouse, nous avons été concernés localement par la fondation de Gratens (dont le nom traduirait une origine wisigothique).
Par ailleurs, l'existence à Lafitte d'une motte castrale, construite autour de l'an 1000 prouverait que Lafitte a été choisie pour une implantation défensive, au croisement des voies Nord-Sud (chemin de la Dourdouille) et Est-Ouest (vers Gratens)
A partir de l'an 1000, il y eut une émancipation progressive des serfs. Le développement du pèlerinage de Saint-Jacques, passant par Pamiers et Rieux, arrivant par la route de Salles, gagnait Gratens, puis Auch.
Dans les années 1200, la mise en place d'une organisation administrative prit en compte l'existence d'une paroisse à Lafitte qui devint Lafitte-Vigordane sans doute avant 1250. Avec audace, le Comte de Comminges avait signé comte de Bigorre, titre porté par son épouse et accaparé pour l'occasion.

Moyen Age.
La guerre de 100 ans (1337-1453) fut douloureuse pour notre pays, pris en tenaille entre l'Armagnac, favorable au roi de France et le Comté de Foix qui avait pris parti pour les Anglais. En 1362, Foix bat les Armagnacs à la bataille de Launac (Haute-Garonne). La vallée de la Garonne fut le champ d'affrontements endémiques, dont la population locale fit les frais, victime de pillages et d'exactions des Grandes Compagnies. Nombreux furent les habitants qui émigrèrent en Catalogne espagnole pour fuir l'innommable !
Il en est resté, me semble-t-il, un esprit de soumission, une volonté de se tenir à l'écart des combats, de ne pas « s'en mêle »', qui perdura au cours des siècles suivants, -Révolution comprise-, au sein d’une population qui avait connu la désolation.

La Renaissance.
1589 reste une année maudite pour Lafitte. Une bande protestante venue du Mas d'Azil et allant vers L'Isle en Dodon détruisit Lafitte par le fer et le feu. Le centre du village, les maisons environnantes furent anéanties. Il fallut plus d'un siècle pour rafistoler ou reconstruire. (1697: date indiquant la reconstruction de la métairie de la Place, aujourd'hui 2 rue de La Chapelle)

La Révolution et l'Empire.
Périodes de misère, transfigurées par une légende bâtie au cours des générations suivantes. Pendant la Révolution une partie de la population fut littéralement réduite à la mendicité, après organisation de la famine à coups de réquisitions pour l'Armée des Pyrénées (une seule maison fut construite à Lafitte pendant les 25 ans que dura cette période. C'est la maison du Restaurant le 26 qui comporte des matériaux gallo-romains provenant de la destruction de la chapelle de Quérilhac, intervenue pendant la Révolution).

Le XIXe siècle.
Ce fut un temps de prospérité, si l'on prend pour référence la misère de la période précédente.
Les bâtiments agricoles de Lafitte, de briques et de galets, furent construits à cette époque. La plantation de la vigne accompagna le développement des chemins de fer. La liaison Portet-Montréjeau fut ouverte en 1851, dernier tronçon entre Bayonne et Toulouse. Le chemin de fer favorisa la circulation des marchandises. Par ailleurs, une main d'oeuvre importante trouva à s'employer à la construction du chemin de fer.

Ce siècle, animé par l'idée de Progrès universel, irréversible et bénéfique, s'arrêta en 1914. La suite est connue de tous, ou devrait l'être.

Gilbert Supéry

  LA METAIRIE DU LOUP   

L'histoire que je rapporte ici m'a été transmise par Jean Supéry, de La Chapelle, né en 1906, qui m'avait dit la tenir de Pierre Irat, né en 1885, lequel la tenait vraisemblablement de l'Abbé Fourment, son parent né en 1861, fervent de l'histoire des familles de Lafitte.
Qui avaient porté l'histoire jusqu'à lui, et nous ont permis de la connaître ? Pour une anecdote familiale ordinaire, le temps de survie n'excède pas deux ou trois générations. Un événement qui touche la population entière comme celui-ci, persiste plus longtemps dans les mémoires, mais les gens porteurs, qui n'ont pas été témoins directs disparaissent pareillement, et surtout le flot des nouvelles histoires submerge les anciennes jusqu'à les engloutir. En 1860, les porteurs devaient déjà se compter sur les doigts d'une main. C'est triste, mais c'est ainsi !
Le Livre Terrier* de 1689 nous apprend alors que le chemin du Loup était anciennement appelé « chemin du Massot ». On peut donc supposer que le changement de nom est intervenu vers 1600, à la suite d'un événement à ce point mémorable que le changement s'est imposé de lui-même. Le bordier du Massot avait un cheval. Comme tous les gros animaux, et ils étaient très rares, il couchait dehors, car seule la volaille était abritée la nuit. Était-il attaché ? C'est possible. Par une nuit d'hiver, les hennissements apeurés du cheval réveillèrent le paysan. Il prit une fourche, sortit du Massot, et sous la lune, vit son cheval adossé à l'arbre. Un loup l'attaquait, de droite et de gauche. Le cheval lançait ses paturons, d'un côté puis de l'autre pour tenir le loup à distance. Il est évident que le cheval se serait fatigué le premier, et aurait rapidement été égorgé sans l'intervention du paysan qui chassa le loup.
Ainsi disparut le Massot, et apparut la métairie du Loup. Depuis lors, depuis plus de 100 ans, la métairie du Loup a disparu à son tour, et seul subsista un emplacement de broussailles mais le nom du lieu-dit s'est maintenu. En mémoire des temps anciens et par respect pour la langue occitane également disparue, il convient de prononcer le 'P' final de Loup.
Au XXIème siècle, avec Pierre et Laurent Bruned, le lieu a repris vie : Longue vie à La Ferme du Loup !

Gilbert Supéry
* Un livre terrier est un registre contenant les lois et usages d'une seigneurie, la description des biens-fonds, les droits et conditions des personnes, ainsi que les redevances et obligations auxquelles elles sont soumises.